PORTRAIT
Piel ou le prélude à l'art total
Passionné d'audiovisuel, d'informatique et de musique classique, le jeune artiste travaille avec passion au concept d'art total dans lequel pourraient se retrouver plusieurs médiums artistiques.
Depuis l'inauguration des premières Rencontres Cinématographiques, l'Espace 13x13 de la MJC centre abrite une incroyable exposition. Vous pénétrez dans la salle et vous êtes enveloppé d'un magnifique morceau de musique classique : "Prélude à l'après-midi d'un faune" composé par Debussy. Cet air si frais et enlevé a des airs de printemps, porteurs de rêve, et ce n'est pas par hasard si en parallèle, Mallarmé vient pointer le bout de sa plume poétique pour accompagner ces notes allègres. Des mots, des notes, il restait donc à Piel (alias Arno Jamin) à trouver un moyen de faire naître des images pour rendre cet univers plus onirique.
Car l'artiste, qui aime et respecte la musique classique - dont la subtilité de Debussy, réelle source d'inspiration - cherchait à mettre en images le rêve sous-jacent aux expressions du compositeur et du poète. Avec patience, acharnement et innovation, -on peut affirmer que Piel a réussi à marier les images figées à celles en mouvement, cela sur fond musical ambiant. Ainsi, le jeune
homme, né en 1977 à Niort, s'est consacré au photogramme, l'une des vingt-cinq images/seconde que contient un film numérique ou l'une des vingt-quatre images/seconde d'une pellicule. Selon Man Ray, c'est une photographie obtenue entre le papier sensible et la " source lumineuse ", obtenue sans appareil photo. Pour Piel, ce photogramme est synonyme de capture d'image ou d'arrêt sur une image " désentrelacée ". Devant les travaux qu'il présente, l'artiste explique, se fait comprendre et se montre très intéressant dans la description de sa démarche artistique.
Rêve de couleurs
Ce n'est pas habituel de parler à un diplômé de l'Ecole Normale de Musique de Paris - spécialisé en musiques de film - également passionné par les nouvelles technologies, et donc le numérique, Mais quand on aime, on ne compte pas, et quand on est curieux et en quête d'innovation, on ose. Piel montre ainsi ses clichés originaux, troubles et colorés, obtenus à partir du film projeté en boucle dans un petit espace délimité du 13x13 ¿ chacun de s'imprégner de cette déclinaison d'images.
chacun d'en recréer les paysages que l'on devine derrière les formes ou de les inventer à partir de leurs titres.
Pour revenir au film, Piel s'était acheté une caméra performante et avait commencé à l'utiliser. Beaucoup. Histoire de découvrir concrètement un monde qui le fascinait aussi : celui des courts-métrages. Sa patience a payé puisque son "Prélude à l'après-midi d'un faune" a été sélectionné au 19e festival international d'Art-vidéo Videoformes 2004 de Clermont-Ferrand. Filmer des images, les arrêter et/ou les
photographier, les associer ou les désunir pour reconstituer un univers artistique personnel, et voilà une déclinaison d'images arrêtées ou mouvantes qui entraîne dans un rêve de couleurs et d'abstraction légère.
Encouragé, le jeune artiste poursuit et intensifie son travail. " Baladin des temps modernes ", " artiste multi-plateformes ", tout aussi passionné par la tradition que par l'innovation artistique, il cherche à s'investir dans le concept d'Art total qui pourrait réunir peinture vivante, musique, audiovisuel et nouvelles technologies. L'exposition du 13xl3 est à elle seule un prélude à ce désir d'artiste, qui à n'en pas douter ira loin, très loin. Ce n'est pas Debussy qui dira le contraire !
Jusqu'au 17 décembre, à la MJC Centre, Espace 13x13 ouvert mardi, mercredi et vendredi de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 h 30, jeudi de 14 heures à 18 h 30 et samedi de de 14 heures à 17 heures.
Béatrice MOGENIER
Dauphiné libéré 26/11/2004
Piel, un jeune artiste sensible, qui mêle images et musique pour conduire au rêve.
|
Métro, le 21 Juillet 2003

"Créer un virus de bonheur", "Miser son capital d'attention sur les valeurs humaines", "Devenir artistes de notre vie, pour sculpter notre quotidien comme une oeuvre d'art" ! Voilà des slogans qui inaugurent peut-être quellles seront les nouvelles perspectives qui permettront de vivre un "art content" pour les contemporains.
Thierry Vermont est à l'initiative du Happython, pour faire progresser le record du monde de bonheur (régulièrement dans Metro à la page "Courrier") et de la bourse des valeurs vraies (www.boursedesvaleursvraies.com ). Il a inauguré le 1er mai 2003 une "exposition citadine" appelée "Le fil du bonheur". Cette forme nouvelle d'exposition se déroule actuellement à Mons-en-Baroeul et se prolongera jusqu'au 23 mai 2004 à l'occasion de la manifestation Lille 2004, capitale européenne de la culture. Il s'agit d'un processus interactif qui se déroule dans toute la ville. Les habitants y sont présupposés être de potentiels artistes qui participent à la construction de ce cadre collectif spécifique : "le quotidien". Pour cette exposition citadine particulière du Fil du bonheur, il s'agit de discerner les moments heureux partagés et de se rappeler que nous avons le
choix du regard que nous portons sur notre propre monde d'images et de sensations et sur celui que nous voyons autour de nous.
L'idée est donc de créer un virus du bonheur, en questionnant son voisin, sa famille (et soi-même !), sur ce qui rend heureux. C'est une expérience pour miser notre "capital d'attention" sur les vraies valeurs que nous voulons vivre, une façon élégante de passer de l'abstrait au concret, de l'idéal au réel, par le biais d'une communication esthétique pour engendrer des projets, des accords éthiques, portés par une vision commune. Le but de cet artiste est de créer un fil du bonheur pour les générations futures, et des expositions citadines pour manifester ce fil du bonheur.
"En parallèle à ce développement original, Le fil(m) du bonheur a été conçu par Thierry Vermont et réalisé par Arnaud Jamin, dans lequel de nombreux témoignages sont rendus. Des personnes connues et inconnues (ou en phase de le devenir) ont été interviewées sur ce thème. Voici quelques réponses à cette question désormais presque célèbre : "Qu'est-ce qui vous rend, ou vous a rendu, heureux(se) ?".
Textes : Metro
|